7 propositions une maternité épanouie

Dernière mise à jour : 11 mars



La plus connue des féministes n’a jamais eu d’enfant.

Pour Simone de Beauvoir, le destin de mère n’était qu’aliénation.

C’était au début du XXe siècle.

Aujourd’hui, les mères consacrent 1h26 de plus par jour en moyenne que les hommes aux tâches domestiques et aux enfants [1].

Et si la révolution féministe du XXIe siècle était celle de libération de la mère ?


Hommes et femmes sont égaux mais qu'en est il des mères et des pères ?

- Salaires dans les chaussettes

- Carrières escamotées

- Temps de travail, comme les soins aux autres, gratuit

- Accouchement en position gynécologique, violences obstétricales

- Peu de valorisation des métiers du soin, exercés par des femmes

- Tâches menagères non valorisées, ni socialement, ni financièrement,


Ces écueils touchent les femmes d’autant plus qu’elles sont mères.

Faut il donc suivre le chemin de Simone de Beauvoir et renoncer à la maternité ?


Elle-même cependant voyait un autre dénouement :

« Dans une société convenablement organisée, où l’enfant serait en grande partie pris en charge par la collectivité, la mère soignée et aidée, la maternité ne serait absolument pas incompatible avec le travail féminin. Au contraire : c’est la femme qui travaille — paysanne, chimiste ou écrivain — qui a la grossesse la plus facile du fait qu’elle ne se fascine pas sur sa propre personne ; c’est la femme qui a la vie personnelle la plus riche qui donnera le plus à l’enfant et qui lui demandera le moins. »


En France même, pays qui socialise déjà beaucoup l’éducation des enfants en comparaison de ces voisins, il reste encore beaucoup à réfléchir pour que les mères gardent les mêmes chances que les pères dans la réalisation d’une vie choisie et riche de sens.




7 propositions pour que la maternité ne soit pas une aliénation

  1. Les coûts de la maternité

Une maternité ne devrait pas peser sous forme de pertes salariales pour les mères et devrait être davantage prise en charge et compensée par la collectivité.

ex : Combien de femmes ai-je rencontré dans mon cabinet qui appréhendent l’annonce de la grossesse à l’employeur ? Combien de femmes, après l’annonce à l’employeur ont vécu des discriminations, ont été mises au placard ou au contraire, devaient travailler dans les mêmes conditions que si elles n’étaient pas enceintes (home office refusé par exemple) ?



2. Mon corps m'appartient aussi dans la grossesse et l'accouchement

L’accouchement et le postpartum pourraient être davantage soutenus avec des mesures prises chez nos voisins européens comme avoir davantage le choix comme future mère, du lieu et du mode d’accouchement comme en Allemagne, dans le pays scandinaves et en Hollande (épisode1 sur les conditions de la naissance dans 6 pays, épisode 2 sur la naissance à domicile, épisode 3 et épisode 7 sur les maisons de naissance).


3. Un postpartum mieux accompagné

Il est mieux soutenu en Allemagne par exemple où il est prévu une trentaine de contacts avec la sage-femme (épisode de Sisko, sage-femme), comprenant les visites à domicile, les appels téléphoniques, mails ou autres types de message ( 20 contacts les 10 premiers jours et 16 contacts du 11e jour au 3e mois). Mais attention, cela ne va pas sans la proposition suivante :


4. Valorisation des métiers du soin

Ils sont en grande partie exercés par des femmes. Le métier de sage-femme aussi est en grande majorité exercé par des femmes, le salaire n’est pas à la hauteur des responsabilités et beaucoup de sages-femmes découragées abandonnent la profession, engendrant une pénurie.


5. Favoriser le partage d’expérience des parents et diminuer l'isolement

comme au café parents de Munich (épisode1 et 2)


6. Une durée de congé parental plus souple, à tous les âges de l'enfance,

suffisante et partagée entre la mère et le père,


7. Le développement de plus de structures d’accueil des enfants,



Et vous, que souhaitez-vous pour une société plus juste et pour nos enfants ?

 

[1] selon les données 2010 de l’Insee (en ne tenant compte que des femmes et des hommes ayant un emploi et avant l’épidémie de corona) [1] Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe I, Paris, Gallimard, coll. « Folio » [2] Ibid [3]Ecouter sur ce sujet l’analyse de Guylène Pentek, psychologue intergénérationelle, dans cet épisode. [4]Cacouault-Bitaud Marlaine, Paoletti Marion, « Yvonne Knibiehler, maternité et féminisme », Travail, genre et sociétés, 2013/2 (n° 30), p. 5-27. DOI : 10.3917/tgs.030.0005. URL : https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2013-2-page-5.htm Image par 5540867 de Pixabay

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